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Dix-sept ans après, l’éco-chèque tient toutes ses promesses

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Dix-sept ans après, l’éco-chèque tient toutes ses promesses

Certaines bonnes idées ne prennent pas une ride. Dix-sept ans après sa création, l’éco-chèque n’a rien d’un dispositif du passé : il répond aujourd’hui plus que jamais aux objectifs que lui avaient fixés les partenaires sociaux, à savoir soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs tout en les orientant concrètement vers une consommation plus durable.

Retour aux origines : la naissance de l’éco-chèque en 2009

Retour en 2009. La Belgique traverse une crise économique, mais les partenaires sociaux ont une idée qui va faire mouche : et si l’on donnait aux travailleurs un supplément de pouvoir d’achat tout en les incitant discrètement à consommer un peu plus durablement ? La convention collective de travail n° 98, conclue au sein du Conseil national du Travail, donne naissance à l’éco-chèque. Un outil hybride, à mi-chemin entre l’avantage salarial et le petit coup de pouce écologique, plafonné à 250 euros par travailleur et par an. Dix-sept ans plus tard, le principe n’a pas bougé d’un iota. Son usage, en revanche, n’a cessé de s’élargir.

Une liste de produits et services qui s’adapte chaque année

Car l’éco-chèque n’a rien d’un dispositif figé dans le marbre de 2009. Année après année, la liste des produits et services qu’il permet d’acquérir s’est étoffée pour suivre les évolutions du marché et des habitudes de consommation : ampoules basse consommation et électroménager de classe énergétique supérieure, vélos et trottinettes électriques, abonnements de transport en commun, produits issus de circuits courts ou du réemploi, réparation d’appareils plutôt que leur remplacement. Le 1er juin 2026 encore, le Conseil national du Travail a mis à jour cette liste. Les produits alimentaires et textiles labellisés Fairtrade ainsi que les produits de la mer certifiés ASC y ont fait leur entrée. Les critères énergétiques des réfrigérateurs, lave-vaisselle et lave-linge séchants, eux, ont été resserrés pour coller aux performances réellement disponibles sur le marché. C’est bien là la preuve d’une cohérence de fond : année après année, les partenaires sociaux continuent d’ajuster l’outil pour qu’il colle exactement à ses deux objectifs initiaux, le pouvoir d’achat et la consommation durable.

Des chiffres qui témoignent de son succès

Cette vitalité se lit aussi dans les chiffres. Chaque année, ce sont environ 2,3 millions de travailleurs, au sein de plus de 121 000 entreprises, qui reçoivent des éco-chèques, pour une valeur théorique de marché avoisinant les 575 millions d’euros. Mais au-delà du volume, c’est surtout la façon dont ce budget s’est intégré dans le quotidien des ménages qui frappe. Loin de l’image du bon d’achat que l’on égare au fond d’un tiroir, un salarié sur quatre l’utilise désormais pour des achats courants plutôt que pour une seule grosse dépense annuelle. Le petit coup de pouce imaginé en 2009 est ainsi devenu, avec le temps, un véritable outil de gestion du budget familial : il ne s’ajoute plus au pouvoir d’achat des ménages, il en fait partie intégrante, au même titre que le salaire ou les chèques-repas.

Une étude scientifique confirmée par un sondage IPSOS

Ce constat, une étude universitaire l’avait déjà démontré scientifiquement dès 2022 : selon l’Université de Hasselt, chaque tranche de 100€ d’éco-chèques augmente de 32 % la probabilité d’achat d’un produit durable, un effet mesuré sur le comportement d’achat réel, et particulièrement marqué chez les ménages aux revenus les plus modestes. Fin 2025, à la demande de Monizze, un sondage IPSOS mené directement auprès des bénéficiaires est venu confirmer et actualiser ce constat :

  • 72,3 % d’entre eux déclarent que l’éco-chèque oriente réellement leurs achats vers des produits plus durables : la confirmation, trois ans plus tard et sur le terrain, de l’effet démontré par l’étude de 2022
  • 60,7 % estiment la valeur de leur éco-chèque proche ou égale au plafond légal de 250€ : la preuve que l’outil est pleinement utilisé pour soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs
  • 78,1 % souhaitent que le dispositif soit maintenu, voire renforcé : un niveau de soutien qui, loin de s’éroder, progresse

Quel avenir pour l’éco-chèque ?

C’est dans ce contexte que l’accord de gouvernement fédéral a évoqué, début 2025, une réflexion sur l’évolution de plusieurs systèmes de chèques extralégaux, éco-chèques compris, en concertation avec les partenaires sociaux. À ce stade, aucune modalité ni aucun calendrier n’a été arrêté : la piste reste à l’étude. Et pendant que la réflexion se poursuit, l’éco-chèque, lui, continue très concrètement d’évoluer : nouvelle liste de produits, nouveaux labels, nouveaux critères énergétiques, entrés en vigueur au 1er juin 2026.

Dix-sept ans après sa création, l’éco-chèque reste ce qu’il était censé être dès le départ : un partenaire concret du pouvoir d’achat de millions de travailleurs belges, et un encouragement réel, désormais documenté scientifiquement à deux reprises, à consommer plus durablement.


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